REPORTAGES A

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| Douanes Françaises | Fête du cheval à Gouy-en-Ternois | Ensilage du maïs |

LE 27 AOUT 1943, UNE SUPERFORTERESSE DE L'US AIR FORCE S'ECRASAIT A VILLERS-SIR-SIMON

On n'oublie pas...

Une stèle érigée en souvenir des courageux pilotes américains a été officiel-
-lement dévoilée le 21 juin 1997 en présence d'une foule de personnes, d'enfants et de personnalités. Parmi celles-ci, il y avait notamment le Colonel Marton, attaché de l'air à l'ambassade des Etats-Unis; le député Philippe Vasseur; le sous-préfet Jean-Noël Himbert; le conseiller général, Louis Petit; le maire de Villers-sir-Simon, Louis Boulanger; les autorités militaires; les responsables du Souvenir Français...
Archives de l'US Air Force. Accroupis: Orville G Greene, Joseph M May, Louis A Lochen, Lionel D Mount. Debouts: Alexander B Noe, William J Suit, James F Grayson, Bennie H Bell, Myron L Johnson, Bertil E Erickson.
Le 27 août 1943, depuis son village de Penin, M. Augustin Flippe voit, dans un ciel limpide, une superforteresse volante qui a quitté sa formation. Une fumée bleuâtre suit l'appareil.
La traînée s'épaissit et devient noire. Des hommes sautent de l'avion puis c'est l'explosion.
Il est un peu plus de 19 heures.
" Une aile virevoltait majestueusement " se souvient Augustin Flippe. Comme tous les témoins de la catastrophe, il part vers Villers-sir-Simon, direction où descendent doucement sept parachutistes. Mais le garçon, qui n'a que neuf ans, rebrousse chemin quand on lui raconte brièvement la triste scène.

Morts pour la liberté.
En 1992, M. Flippe a toujours des images fortes en lui. Il estime qu'un hommage solennel devrait être rendu à l'occasion du cinquantième anniversaire du drame. Délégué de l'association Le Souvenir Français, Il est appuyé par le président, André Coillot et Laurent Wiart lequel recueille un maximum de renseignements. En mai 1994, Les Archives Nationales de Washington adressent au Souvenir Français le document " Confidential-Secret " de l'opération du 27 août 1943.

C'est décidé, avec l'appui de la municipalité de Villers-sir-Simon, une stèle sera érigée près de l'endroit où trois malheureux périrent. Elle aura la silhouette du bout d'aile qui se planta dans le sol. Une photographie a été prise.
En effet, trois américains n'ont pas eu le temps d'échapper aux effets de l'explosion.
Ils s'écrasent dans un champ.
Il s'agit du pilote, le lst lieutenant William J Suit; du copilote, le 2nd lieutenant James F Grayson et d'un mitrailleur, le staff sergeant Lionel D Mount.
Deux corps sont retrouvés le jour même ; le troisième le lendemain. Après avoir procédé aux constats et identifications, les allemands font mettre ces corps dans des cercueils que l'on dispose dans le coeur de l'église de Villers-sir-Simon. Le 28 août, après un office religieux, les cercueils sont placés sur un camion allemand qui roule au pas, suivi par la population, jusqu'au cimetière du village. La sépulture sera par la suite constamment entretenue et fleurie. Plusieurs plaques sont posées ; une pour chaque aviateur avec son nom inscrit et son origine ; une portant des vers de Victor Hugo et une offerte par les femmes de prisonniers de Villers-sir-Simon.
Des croix de Lorraine compléteront le poignant hommage. En 1946, les autorités américaines procédèrent à l'exhumation des corps. Le lieutenant Suit repose depuis cette année-là au cimetière d'Arlington à Washington et le lieutenant Grayson et le sergent Mount au cimetière de Colleville Saint-Laurent en Normandie.

La mission.
La superforteresse Boeing B17 " The Venus " appartient au 508ème escadron du 35lème groupe de bombardement de la 8ème US Air Force. Dix hommes composent son équipage: les trois malheureux cités ainsi que le navigateur Bennie Bell, le bombardier Myron Johnson, les mitrailleurs Alexander Noe, Joseph May, Louis Lochen et Orville Greene et le radio-opérateur Bertil Erickson.
Ce 27 août 1943, vingt-deux appareils décollent de Grande-Bretagne pour aller bombarder le Blockhaus des V2 à Watten-Eperlecques. Après avoir franchi la côte à hauteur de Berck, les B17 sont attaqués par la chasse allemande qui bénéficie d'un manque de coordination de la chasse alliée, normalement sa garde rapprochée. Et puis le camouflage entre les appareils amis et ennemis est trop identique pour rendre pleinement efficace la puissance de feu des superforteresses. Sept avions ennemis sont abattus mais six Messerschmitt s'acharnent sur
" The Venus ". On connaît la suite.

Le sort des survivants.
Les parachutistes se sont posés dans la direction d'Hermaville. Plus ou moins blessés et arrêtés par les allemands, Bennie Bell, Myron Johnson, Alexander Noe et Joseph May transitèrent par l'hôpital d'Arras avant d'être envoyés dans des camps de prisonniers en Allemagne et en Autriche.
Malgré l'intervention risquée et courageuse de René Ducroquet, Jacques Massart et Léon Burny, réfractaires au S.T.O., ainsi que celle de Gilbert Février, le mitrailleur Louis Lochen suivra le même chemin que ses camarades d'infortune. René Ducroquet et Jacques Massart eurent plus de joie avec Orville Greene qu'ils réussirent à cacher. Quelques jours plus tard, l'américain fut probablement pris en charge par le réseau Guittard de Frévent.
Bertil Erickson toucha le sol sur le territoire d'Habarcq. Marcel Lenfle, Roger Dionet, Oscar Bolin et un autre camarade s'employèrent à le cacher sur place. Ensuite, Marcel Mastin et
M. Petin d'lzel-lez-Hameau s'en occuperont.

D'après les renseignements du Souvenir Français et de son secrétaire Laurent Wiart.
Jean-Pierre Cabaret.

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BEAUVOIR-WAVANS


Cliquez moi pour me voir en grand James CUDDEN, un héros titulaire de la Victoria Cross.
Il y a 80 ans, il perdait la vie pour une stupide panne de moteur.

Durant la guerre de 1914-1918, le pilote britannique de la Royal Air Force James MC Cudden arriva à abattre 54 avions allemands.
Le héros se vit remettre la Victoria Cross et devint le pilote britannique le plus décoré de la 1ère guerre mondiale.
Après son passage à Buckingham Palace pour y recevoir les honneurs, il revint en France pour prendre le commandement de l'escadron n° 60.
Lors de son retour, il atterrit dans un champ à Noeux-les-Auxi ( près d'Auxi-le-Château ) pour connaître sa position exacte. Au redécollage, son moteur défaillit et l'aéroplane s'écrasa lors de l'atterrissage forcé.
James perdit ainsi la vie, seul, le 9 juillet 1918, après avoir affronté tant de dangers. Il avait 23 ans.
Il repose non loin de là dans le cimetière militaire de Beauvoir-Wavans. Sa tombe porte l'inscription suivante :
" Vole mon cher enfant, de ce monde sombre, vers la terre promise, vers la vie éternelle. "
Abel Lequien et le journaliste localier Yves Gérard nous rappellent la tragique destinée du jeune aviateur.
J-P Cabaret

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SAINT-POL / NEW-YORK

« Colline de Saint-Pol, territoire de Francescane » avait arrêté Jean de Verrazane.

1492, Christophe Colomb découvre l’Amérique. « Cette vérité », inscrite à l’encre indélébile sur les manuels scolaires, continue de prévaloir aux prospections Vikings et à l’arrivée de ceux que l’on appela Indiens par le détroit de Béring.
Certes, le Gênois est, à la fin du 15ème siècle, le précurseur de la colonisation « des Indes » (renvoi 1) en mettant très probablement pied sur l’île de San Salvador aux Bahamas.
Puis, tandis qu’Espagnols et Portugais colonisent ces nouvelles terres, les rivages atlantiques du 34ème au 43ème degré de latitude nord demeurent inexplorés.
Des Portugais et peut-être d’autre Européens aperçoivent les côtes du Maine alors que des marins Malouins s’aventurent du côté de Terre-Neuve.
Mais l’honneur et le bonheur de voir la première fois la plus grande longueur des rivages des Etats-Unis d’Amérique revient au Florentin Giovanni da Verrazzano.

A chaque lieu, un nom, un hommage...

Le sénateur Jacques Habert, persuadé depuis longtemps de ce fait historique, l’explique dans un livre intitulé « Verrazane. Quand New-York s’appelait Angoulême », preuves indéniables à l’appui. Français d’adoption, Jean de Verrazane reçoit la bénédiction du roi de France François 1er pour partir au-delà des mers.
Malgré un départ catastrophique (une seule Caravelle sur les 4 apprêtées fit la traversée), la Dauphine arrive « aux Indes » le 7 mars 1524. Le contact a lieu en Caroline du Sud. Le navire prend ensuite la direction du sud sans pour autant s’aventurer en Floride conquise par les Espagnols, ennemis des Français. Verrazane et son équipage repartent donc vers le nord. Dans son journal, le Florentin explique au roi de France les magnificences de la côte tout en la baptisant de multiples noms de nature à renforcer ses affinités.

Francesca (renvoi 2) ou Francescane est le premier nom donné aux USA.
Au niveau de l’actuelle Virginie, c’est l’Arcadie (renvoi 3), évocation de la Grèce ancienne.
Terre d’Angoulesme est choisi pour le New-Jersey et l’endroit même où est bâtie la ville de New-York. ( François 1er s’appelait François d’Angoulesme )
En face, plein sud, « une colline touche la mer ». Il s’agit aujourd’hui de Navesink Highlands, 85m d’altitude.
A cette colline, Verrazane attribue le nom de Saint-Pol en référence à François Bourbon-Vendôme, comte de Saint-Pol, « confident de François 1er et l’un de ses meilleurs généraux » écrit Jacques Habert précisant que le comte de Saint-Pol avait, en décembre 1523, repoussé l’armée anglaise qui menaçait Paris.
Le comte de Saint-Pol continue de servir brillamment sa patrie dans les luttes en Provence et en Italie. Après le désastre de Pavie où le roi est fait prisonnier, Saint-Pol est nommé à la tête des troupes stationnées dans le sud. Libéré, François 1er bénéficie de l’attachement à la couronne des états de Bourgogne. Le roi d’Angleterre, le Saint-Père, les villes et les duchés Italiens deviennent ses alliés. Le courage et la fidélité du comte de Saint-Pol ne méritaient-ils pas d’être récompensés ?
Un territoire du Nouveau Monde porte son nom. Hélas, il sera battu et fait prisonnier à Landriano le 20 juin 1529 par les troupes de Charles Quint. Verrazane est rentré au pays lorsque se déroulent les conflits. Il ne peut que se féliciter d’avoir pensé au comte de Saint-Pol, outre-Atlantique.

Rude mais courageux explorateur.

Revenons au voyage du Florentin. Il se poursuit vers le nord ( par le Cap Cod notamment, où, en 1620, accosta la Mayflower ) jusqu'à la Nouvelle-Ecosse, non sans une empoignade avec les Indiens du Maine qui avaient déjà eu la visite d’autres Européens. A la suite de son relevé déjà bien chargé, Verrazane inscrit : « Terre des mauvaises gens ».
Mais lui-même et son équipage, raffermis de la gentillesse des Indiens de la côte, n’enlevèrent-ils pas un enfant à ses parents, en guise de preuve indiscutable de leur voyage au Nouveau Monde ? Avec un maigre butin ( Verrazane se forçait à en être fier ), la Dauphine reprend la direction de la France fin mai 1524. Inutile de préciser que François 1er ne s’enflamma pas en écoutant le rapport du navigateur d’autant que la guerre demandait la mobilisation de tous autour de la couronne. Et puis, avait-il trouvé un passage vers la Chine ( Cathay ), but du voyage ? Non !

Fidèle au royaume, Jean de Verrazane déclina les offres des Portugais et des Anglais ( après leur avoir confié sa carte ) pour enfin repartir en mer « vers les Indes » ( route Magellan ) le 15 juin 1526, sous la bannière de France. En direction des Moluques, via l’Amérique du sud, le voyage de 15 mois s’avéra aussi difficile que fantastique.
Avec l’appui de l’amiral de Brion-Chabot, Verrazane lève l’ancre pour la 3ème fois courant mai 1528 sur la Barche de Fescamps .
Direction le Brésil, territoire que se sont octroyés Espagnols et Portugais. Probablement à la Jamaïque, en tout cas sur une île des Antilles, Jean de Verrazane débarque en chaloupe avec 6 de ses hommes. A la vue de son frère Jérôme et de tout l’équipage restés sur le navire, ils sont attaqués, tués et rôtis sur place par des cannibales. Voilà la triste fin de Jean de Verrazane, assoiffé de découvertes et dont le rêve était de découvrir un passage vers les terres de Cathay. On reconnaîtra que bien plus tard son exploration de la côte des Etats-Unis.
Portugais, Espagnols et Anglais s’employèrent à ce que l’aventure de 1524 sombre dans l’oubli.

Les Italo-Américains et des historiens, tel le sénateur Jacques Habert, oeuvrèrent pour rétablir la vérité. On érigea une statue à la pointe sud de Manhattan puis, en 1964, fut inauguré le célèbre pont Verrazano.
La colline de Saint-Pol n’a pas retrouvé son nom mais aujourd’hui, comme partout sur la côte américaine, plane l’esprit de Jean de Verrazane.

Don't forget
Jean-Pierre Cabaret.

Renvois :

(1) Chistophe Colomb crut jusqu'à sa mort ( 1506 ) être parvenu en Asie. Ses successeurs, dont Amerigo Vespucci, Florentin ( lui aussi ) naviguant pour le Portugal, eurent des doutes sérieux.
En 1507, un moine de Saint-Dié, Martin Waldseemüller, désigna ce nouveau monde America .
Cette appellation ne s’imposera que 60 ans plus tard.

(2) Francesca, Francescane puis Nova Gallia en 1529 comme indiqué sur la carte réalisée par Jérôme, le frère de Jean de Verrazane.
Les Florentins n’ont pas admis que François 1er ne daigne secourir Florence assiégée par les troupes de Charles Quint.
Nova Gallia, qui s’étend de la Floride à Terre Neuve, deviendra Nueva Francia, Neuve France au temps de Jacques Cartier et enfin Nouvelle France.

(3) Le nom d’Arcadie se déplacera toujours un peu plus vers le nord pour se positionner sur les provinces maritimes du Canada, le r en moins. Acadie et Rhode ( Rhode Island ) sont les 2 seuls noms, parmi des dizaines, qui sont restés sur les côtes nord- américaines après le passage de Jean de Verrazane. Rhode, autre évocation d’une terre de Grèce.


Les diverses appellations de la ville de New-York illustrent de manière frappante la lutte entre Européens dans la conquête du Nouveau Monde.

17 avril 1524. Terre d’Angoulesme par Jean de Verrazane.

9 septembre 1609. Le capitaine anglais Henry Hudson, au service d’une compagnie hollandaise, remonte le fleuve qui portera son nom.

Quelques années plus tard, la compagnie des Indes Occidentales appelle l’endroit Nouvelle - Hollande.

En 1624, à l’initiative de Jesse de Forest, natif d’Avesnes-sur-Helpe et mort en Guyane, des huguenots s’y installent.
Les émigrants auraient alors choisi le nom de la Nouvelle - Avesnes mais la Nouvelle - Amsterdam s’imposera. Cette fois encore, un nordiste, Pierre Minuit, originaire de Valenciennes, en serait l’instaurateur.

En 1664, le duc d’York, frère du roi d’Angleterre Charles II, inscrit définitivement son nom : New -York.

( Ci-dessus, une vue aérienne du centre de Saint-Pol. Doc. Jean-Pierre Cabaret.)

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DOUANES FRANCAISES. SURVEILLANCE et SAUVETAGE.

Le 16 février 1999, les douanes françaises saisissaient 23,5 tonnes de résine de cannabis sur un bateau estonien.
En 1993, nous réalisions un reportage sur ces hommes qui, quelques années plus tard, allaient réussir "un gros coup de filet". Ce reportage est donc plus que jamais d'actualité.

L' hélicoptère des douanes françaises décolle de l'aéroport du Touquet, son lieu d'attache durant les mois de juillet et d'août. Il passe au-dessus de la forêt de pins et quelques secondes plus tard, la Côte d'Opale devient miniature, étonnamment fignolée et vivante.

La mission principale de l'administration des douanes est la protection économique et fiscale du territoire, mais les garde-côtes assurent en mer et sur les façades littorales, nombre d'autres tâches : sauvetage aéromaritime, surveillance de la navigation, polices des pêches, prévention et organisation de la lutte contre la pollution, protection des sites archéologiques et autres zones protégées...

Depuis 1990, grâce au soutien de la municipalité du Touquet et du SIVOM d' Etaples, un écureuil AS 355 F2 est détaché du Havre au Touquet pour renforcer le dispositif de sauvetage dans le Pas-de-Calais.
La surveillance, effectuée en liaison avec le CROSS du Gris-Nez ( Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage ), est comprise entre la frontière belge et le Tréport.
Le chef de la brigade aéro-maritime du Havre, Jean-Luc Scaillierez, pilote l'appareil. A sa gauche, le mécanicien navigant-treuilliste Ambroise Branellec et à l'arrière, à tour de rôle, les sapeurs-pompiers Michel Leturque et Fabrice Mouchon, plongeurs.

Surveillance des plages.

Là-bas, sur un îlot de sable, deux hommes sont encerclés par les eaux. L'équipage de "l'hélico" qui patrouille dans le secteur a vu la scène, fictive pour la circonstance, mais tristement courante dans la réalité. Jean-Luc place son hélico en vol stationnaire. Michel enfile le harnais. Ambroise quitte sa place pour actionner le treuil. Et notre sapeur descend récupérer les vacanciers ( rôle joué par des CRS ) qui ne tardent pas à être hissés à bord de l'appareil. Durant l'été 92, une vingtaine de personnes ont ainsi été secourues par l'équipe douaniers / sapeurs-pompiers qui dispose d'un treuil électrique et d'un canoë avec balise de détresse qui se gonfle automatiquement au contact de l'eau.
La prévention s'exerce à l'aide de quatre puissants haut-parleurs. Du ciel, on voit tout.
"Vous êtes en danger, retirez-vous au plus vite !" L'imprudent n'a plus qu'à prendre la poudre d'escampette. Un coup de sirène souligne l'ordre. Impressionnant !

Chasse aux narco-trafiquants.

Après avoir débarqué leurs passagers, les douaniers entament un contrôle du détroit, la chasse aux narco-trafiquants demeurant essentielle dans leur esprit. Les petits voiliers, aussi touristiques qu'ils paraissent, font l'objet d'une extrême attention. Leur nom et celui du port d'attache doivent être parfaitement lisibles. Et là encore, les douaniers n'hésitent pas à user de la voix afin que les plaisanciers se conforment à la loi. En cas de nécessité, une vedette de Boulogne ou de Dunkerque est appelée pour contrôler le navire suspect. Le flair vient avec le métier. "Tiens, justement, celui-ci, qui remonte vers le nord, envoyons son signalement au PC de Rouen." La vérification s'effectue à l'aide du FNID, fichier national informatique des douanes (1). Il a déjà été "visité" lors de sa descente vers l'Espagne; il l'est à nouveau au large de Boulogne. Vitesse 6 noeuds.
Les communications sont cryptées pour qu'elles ne puissent pas être interceptées, comme cela arrivait autrefois. Quand cela se produisait, le capitaine hors-la-loi déroutait ou...faisait peindre en pleine mer, un nouveau nom sur le flanc de la coque. L'effet de surprise est maintenant total et les résultats ne manquent pas :
- le 14 juillet 92, un catamaran, le Galathée, est arraisonné avec 1150 kg de résine de cannabis à son bord;
le 12 septembre, on découvre 12 tonnes de résine de cannabis dans le remorqueur Rossinant et plus tard,un ketch, le Zulamith est intercepté par la vedette Vent d'Aval à 8 miles nautiques au large de Boulogne avec 1,6 t de cannabis.
- Cest encore la Vent d'Aval qui a "le privilège" de conclure l'énorme prise de ce 16 février 1999, fruit d'un travail d'équipe.
Des saisies remarquables...d'une marchandise qui est aussitôt détruite. Quant aux navires, ils sont à quai à Boulogne en attendant d'être vendus aux enchères au profit du trésor public.

Sur le rail de navigation.

Après un petit bonjour aux concurrents du tour de France à la voile, l'écureuil se dirige vers le large pour survoler le rail de navigation où passent quotidiennement quelque huit cents bateaux(2). Le temps est clair et l'hélico se dirige à vue. Sinon les pilotes se servent du radar et du GPS qui permettent de repérer une petite embarcation à plus de dix kilomètres et à la positionner avec une extrême position. Un peu plus tard, la vedette Vent d'Aval se rapproche d'un caboteur de 398 tonneaux, taille qui facilite les mouillages dans les petits ports et qui suscite la curiosité des douanes françaises. Par le biais du canal 16 ( fréquence internationale ), il est demandé au capitaine d'obtempérer(3) pour permettre à quelques douaniers, transportés par un zodiac, de prendre pied sur le cargo et de feuilleter le cahier de la Lloyd's(4). L'écureuil supervise la manoeuvre. Le contrôle ne dure que quelques minutes; tout est OK.
Mais lorsque les circonstances l'exigent ( toujours la recherche de la drogue ), un chien est dépêché sur place, en vedette ou...en hélicoptère.
La sortie de l'écureuil touche à sa fin, juste le temps de vérifier le long sillage d'un bateau. Aucune trace de pollution. Cap à l'est.

Février 1999. Jean-Pierre Cabaret.

(1) M. Scaillierez et ses collègues du Havre effectuent 1650 heures de vol et identifient 9000 navires chaque année à l'aide de trois hélicoptères.
(2) Anglais et français se partagent le contrôle, le flux montant étant du côté français.
(3) Les navires de plus de 1000 tonneaux ne peuvent être stoppés en mer pour raison de sécurité. Ils sont donc controlés dans les grands ports.
(4) Les cargaisons des navires sont obligatoirement assurées par cette compagnie.

Les gardes-côtes constituent un service de mille cinquante agents répartis dans le comman-
-dement, les marins, les aviateurs, les radaristes, les opérateurs et les formateurs.
En métropole, ils peuvent compter sur 11 avions Cessna 406 et 6 hélicoptères; 65 vedettes pour la surveillance rapprochée et portuaire.

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Gouy-en-Ternois - Le cheval rassemble; le cheval émerveille.

Difficile de savoir combien de chevaux ont participé à la traditionnelle fête du cheval de Gouy-en-Ternois. Il n'empêche que le grand rendez-vous annuel de tous les amoureux des sports équestres a de nouveau créé une forte émulation dans le Ternois jusqu'à la région arrageoise. Du côté des participants aux diverses épreuves, des équipages britanniques se sont particulièrement distingués dans la maniabilité des attelages. Outre les belles images offertes à tous grâce au dynamisme du comité des fêtes de Gouy-en-Ternois, les visiteurs purent respirer, à pleins poumons, le bon air du val de Canche.




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Houvin-Houvigneul
Au bon air de la campagne.

Avec les premiers jours d’octobre, est arrivé le moment de récolter puis d’ensiler le maïs. Par chance pour les agriculteurs, le vent du nord a amené avec lui le beau temps sec nécessaire à faciliter la tâche de l’ensileuse et des remorques tirées par les tracteurs.
A Houvin-Houvigneul, sur l’exploitation de M. René Delbée, la récolte d’une dizaine d’hectares est déversée derrière la ferme et l’entrepreneur chargé du travail ( les établissements Cousin de Lignereuil ) s’attache à compresser ce qui constituera la nourriture des vaches laitières pour presqu'une année.
Le silo sera entouré d’une bâche propre à produire une certaine fermentation et à en assurer la conservation. Comme pour la moisson, de la main-d’œuvre et des conducteurs de tracteurs sont nécessaires. Alors, c’est la famille ou les amis qui viennent prêter main forte.
Ici, comme partout ailleurs, l’épouse de M. Delbée servira ensuite un réconfortant repas qui sera partagé dans une joyeuse ambiance.
Le 6 octobre 1999. Jean-Pierre Cabaret.

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